• Prologue

    La tension régnait dans la salle du trône comme un orage prêt à éclater.
    L'homme sentait cette tension, il sentait également la colère des vents tout autour de lui, qui n'appréciaient pas trop être contrôlés par autant de dieux à la fois. Comme il les comprenait.
    C'était un métier difficile qu'il pratiquait. Il aimait à être libre comme le vent, or il contrôlait les vents. Il travaillait pour des hommes libres à contrôler des êtres libres ; mais lui ne l'était pas. Depuis plusieurs siècles, les Vents se plaignaient. Il aurait aimé avoir un poste plus important. Il était le Seigneur de l'Air, après tout - seigneur d'un élément primordial au monde, qui n'avait même pas le droit de siéger au milieu des dieux majeurs. Mais peu lui importait. Quel intérêt de se retrouver parmi ces treize fous qui n'osaient plus intervenir dans le monde mortel ?
    L'homme en face de lui se racla la gorge une fois, deux fois, trois fois. Puis il parla d'une voix claire et solennelle, qui sonna comme un déchirement entre la terre et le ciel :
    « Eole, dit-il, tu as demandé à parler. Nous t'écoutons.
    Il marqua une pause, parcourut l'assemblée des yeux.
    - Mais si tu veux encore nous parler de ton titre...
    - Ne me menaces pas, coupa Eole. (Il sourit.) Cela ne me fait aucun effet, tu le sais bien. Non, ce n'est pas pour parler de mon titre que je me suis déplacé jusqu'ici... Aujourd'hui, je veux vous parler des humains.
    Un silence étonné accueillit ses paroles.
    - Un danger va bientôt arriver, poursuivit Eole... et vous le savez bien. Sinon, pourquoi avoir fermé l'Olympe ? Il faut les aider. L'ennemi a déjà commencé sa marche vers les seigneuries...
    Il avait parlé d'une voix forte et menaçante comme celle du Seigneur Zeus lui-même ; et tout le monde l'avait écouté. Puis il avait baissé le ton, et, s'adressant à tous, était passé au vouvoiement.
    - Le destin des mortels est réglé, répondit le roi des dieux. Nous n'avons plus rien à voir avec eux.
    Une femme, dont les boucles blondes descendaient harmonieusement sur ses épaules ; et qui portait un petit poignard étincelant à la ceinture, prit timidement la parole.
    - Hum, père, si je puis me permettre... Je pense que messire Eole a raison. Depuis des années que tu renies les mortels, vois où cela nous a menés. Rester enfermés dans l'Olympe, et laisser les Celtes gouverner le monde. Tu le sais comme moi : nous avons besoin des mortels tout comme eux ont besoin de nous. Parmi nous, il y en a plus d'un, avouez-le, qui ont des enfants demi-dieux. C'est ainsi depuis la nuit des temps et il en sera toujours de même.
    - Et puis, ajouta la femme à sa droite, tu n'es pas obligé de faire le travail à leur place. Tu peux, par exemple, choisir des Élus et les laisser mener leur quête. Il faut juste les mettre sur la voie.
    Zeus avait fermé les yeux et s'était pris la tête entre les mains, troublé. Une autre déesse prit part au débat. Elle avait des yeux profonds multicolores ; des cheveux dorés ; des formes parfaites au charme envoûtant.
    - Je suis d'accord avec Athéna et Artémis. Les mortels sont source d'inspiration et de vie. Ils peuvent se débrouiller seuls, il suffit de les aider un tout petit peu.
    - D'accord, d'accord, vous allez les avoir, vos élus !
    Il marqua une pause, regardant Eole droit dans les yeux.
    - Trois demi-dieux. Et le Triskell sera réuni. »


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