• [HP] Mangemorts

    « Avada Kedavra !
    Si sa voix avait un ton las, le sort n'en fut pas moins efficace. Weil enjamba le cadavre. Du coin de l’œil, il vit Greyback se jeter sur un Crackmol, toutes griffes dehors. Les éclairs verts fusaient de toutes parts.
    - Avada Kedavra !
    Le sorcier face à Weil n'eut pas le temps de réagir. Son corps se figea et il s'écroula. Weil se pencha pour ramasser sa baguette. Bois de Frêne, songea-t-il. Avec du cuir de dragon. Un mélange assez rare, mais puissant.
    Non loin, Augustus Ruckwik affrontait un sorcier bas de gamme. Trois secondes plus tard, il triomphait en tuant son adversaire.
    - Expelliarmus !
    Weil fit volte-face. Grand et maigre, avec des cheveux blond poupée et un vieux jean élimé, un jeune sorcier admirait la baguette qu'il lui avait prise d'un regard triomphant.
    Weil brandit la baguette en bois de frêne.
    - Qui est-tu, toi ?
    - Un homme qui veut vivre.
    Un éclair vert fusa de sa baguette. Weil dévia le sort et la vitrine d'une boutique de vêtements, derrière lui, explosa.
    - Avada Kedavra !
    - Protego !
    - Mais tu vas mourir, oui ou non ?
    Greyback, qui visiblement était en panne de victime, se jeta sur l'homme et le déchiqueta. Il ramassa les baguettes et les tendit à Weil.
    - Pour vous, Mr Baguette, cracha-t-il. Elle est puissante ?
    Weil rangea sa baguette dans la poche intérieure de sa veste et examina celle du défunt. Elle était plutôt flexible, en crin de licorne et bois de houx. C'était un ensemble particulièrement banal.
    - Pas plus que ça, dit-il. C'est déjà fini ?
    Il regarda autour de lui. Augustus Ruckwik s'avançait vers eux d'un pas boitillant. Mis à part le trio de Mangemorts, il n'y avait que des cadavres – ainsi qu'une bonne dizaine de voitures défoncées, des vêtements en bazar, jetés par les plusieurs vitrines éclatées, et une route à moitié détruite. Parmi les cadavres, Weil reconnut celui de Klaus Giant, un Mangemort puissant.
    - Le Seigneur des Ténèbres sera déçu, dit-il en s'approchant du cadavre.
    - Le Seigneur des Ténèbres ? Répéta Ruckwik en riant. Tu parles, je ne sais même pas s'il le reconnaîtra !
    Il donna un coup de pied dans le corps.
    - Son assassin, c'était un gringalet de dix-sept ans. (Il sourit.) Je lui ai réglé son compte. Pour qui il se prend, celui-là, pour tuer un des plus grands Magemorts de notre temps ?
    Klaus Giant méritait bien son nom, songea Weil. Il portait une carrure monstrueuse, une machoire épaisse et des yeux assassins. C'était un Mangemort respecté, mais qui, comme beaucoup, n'avait pas grand-chose dans le cerveau. Avec l'aide de Ruckwik, Weil souleva le cadavre.
    - Attendez, glissa Greyback.
    Il leva sa baguette – oui, même s'il s'en servait peu, Greyback avait récemment acquis une nouvelle baguette.
    - Mobilicorpus ! »
    Le corps de Klaus Giant s'éleva dans l'air. Ruckwik et Weil sursautèrent : même s'il était bien pratique, ce sort n'était presque jamais utilisé – c'était un de ceux que préférait Sévérus Rogue, et il valait mieux ne pas y toucher.
    Personne ne pipa mot durant la marche qui les mena à leur QG. Apparemment, ils devaient être connus même à Londres, car en les voyant, les Moldus fuyaient en courant. De temps en temps, Weil murmurait un « Avada Kedavra » du bout des lèvres, et Ruckwik éclatait d'un rire tonitruant.
    « Tu as vraiment besoin de tous les tuer ?
    - C'est pas pour ça qu'on est là ? » rétorquait Weil.
    Ils bifurquèrent sur un impasse. A leur gauche, une porte à peine visible conduisait au QG des Mangemorts de Londres.
    Ruckwik tapota la porte.
    « Sang-de-Bourbe, murmura-t-il.
    - Crackmol » renchérit Greyback, et la porte s'ouvrit.
    Weil n'avait toujours pas compris leur système de mot de passe. Pour entrer, il suffisait de dire ce qui nous passait par la tête. Mais peut-être que si l'on murmurait « égalité avec les Moldus », la porte ne s'ouvrait pas. Weil sourit. Il faudrait qu'il essaye, un de ces jours.
    Le cadavre de Klaus Giant toujours guidé par la baguette de Greyback, ils descendirent un vieil escalier en pierre qui s'enfonçait dans la pénombre. Plus tard, ils pénétrèrent dans une vaste cage humide où nombre d'autres Mangemorts étaient déjà rassemblés.
    « Klaus Giant ! Sursauta Aicha Isiort lorsqu'elle aperçut le cadavre. Il est mort ?
    Greyback laissa vulgairement retomber le corps sur la pile de cadavres déjà présents. Il n'y a pas de victoire sans sacrifice, songea Weil. Ceux qui mourraient mouraient car leur place n'était pas dans la bataille. Point.
    - Qui l'a tué ? Reprit Aicha Isiort. Comment ?
    Elle avait l'air paniqué. Weil la soupçonnait d'avoir eu une relation avec cet homme.
    Une femme. Weil doutait encore de leur présence parmi eux, et elles étaient peu nombreuses. Lestrange était une pauvre folle qui avait su mériter les grâces du Seigneur des Ténèbres. On disait qu'Alecto Carrow menait une politique d'anéantissement au collège Poudlard. Ombrage était une visionnaire qui avait retourné sa veste pile au bon moment. En revanche, Narcissa Malfoy était une poupée inerte qui devait tout son pouvoir à la position de son mari. Aicha, une bonne tacticienne, mais qui semblait ignorer pour qui elle se battait. Lucy Func, une fille banale qui avait eu de la chance. Et Elisabeth… Une sale prétentieuse, sans aucun talent ni aucune grâce.
    Ok, des gens comme ça, il y en avait aussi parmi les hommes. Mais quel intérêt d'avoir des femmes si elles ne servaient qu'à mettre le bazar ?
    Entendant les cris d'Aicha, nombre de Mangemorts s'étaient rassemblés autour du corps et scandaient des remarques sans intérêt : « Un imposteur ! Il n'avait aucune raison d'être dans l'ordre, surtout pour mourir si facilement ! »
    Weil aurait voulu préciser que Klaus Giant combattait auprès du Seigneur des Ténèbres depuis bien plus longtemps que la plupart d'entre eux, depuis sa première prise de pouvoir en réalité, mais ça n'aurait servi à rien. De plus, sa mort était vraiment pitoyable.
    Aicha réitéra sa question.
    - Comment est-il mort ?
    Ruckwik sourit. 
    - Il a voulu lancer deux sorts en même temps, mais ça a foiré et une boutique a sauté, juste face à lui. Il est tombé dans les vapes à cause du souffle de l'explosion et un misérable sorcier en a profité pour le tuer. Je l'ai éliminé, bien entendu. »
    Il ponctua la fin de son récit par un clin d’œil, certainement Too Much, songea Weil. Le cercle des Mangemorts se dissout. Weil se dirigea vers une table au fond de la pièce, où étaient disposées ses baguettes. Là était son boulot : il devait trier les bonnes des mauvaises avant de présenter les meilleures au Seigneur des Ténèbres. Ainsi, on empêchait que les Résistants tombent sur une bonne baguette, on fournissait tout l'ordre en baguettes puissantes et on tentait de régler le problème du Seigneur des Ténèbres : tuer Harry Potter.
    Weil saisit la première baguette : elle était en bois noir et très élégante. Il reconnut une branche de noisetier, sûrment calcinée par la plume de phénix qui se trouvait à l'intérieur. C'était une baguette précise, pas le genre à exeller dans les explosions comme celle de Greyback mais plutôt à déplacer les objets ou pratiquer la métamorphose. Il la rangea dans sa poche : il en aurait peut-être besoin.
    La baguette choisit son sorcier.
    Quelle devise idiote ! …videmment, un jeune sorcier serait plus à l'aise avec une baguette qu'avec une autre, et petit à petit il se lirait à elle ; mais Weil savait qu'avec de l'expérience, n'importe qui serait capable de pratiquer la magie avec n'importe quelle baguette. C'est pourquoi, au lieu de lancer cet immense Tri de Baguettes, le Seigneur des Ténèbres aurait dû prendre celle de Lucius Malfoy ou de Bellatrix Lestrange et le problème serait réglé. Il déclarait à sa communauté qu'il cherchait une baguette avec laquelle il serait à l'aise, mais Weil le soupçonnait de savoir très précisément la baguette qu'il cherchait, la plus puissante au monde, la Baguette de la Destinée.
    Enfin. C'était son boulot, et s'il laissait tomber, Weil serait sans aucun doute tué.
    Weil sépara les baguettes en deux tas ditincts : à gauche les puissantes, à droite les faibles. Derrière lui, on dressait les tables et des plats circulaient. Fruits, légumes et charcuterie : il y avait de tout, mais exclusivement de la nourriture volée. C'était relativement facile : il suffisait de supprimer les caméras, le personnel et les clients des magasins. Un groupe de cinq personnes était désigné pour ça, et ils ne rencontraient généralement aucune difficulté. Pour le Tri de Baguettes, en revanche, une seule personne par QG. Les gens instruits étaient partisans de l'ennemi…
    « Tu manges ? Lança Ruckwik, la bouche pleine. Il lui tendit une assiette de pâtes. Tu devrais te dépêcher. Il paraît que le Seigneur des Ténèbres passera ce soir.
    - Qui t'a dit ça ?
    Ruckwik pointa Aicha du doigt.
    - Ah. »
    Weil saisit l'assiette de pâtes et alla s'asseoir près d'un homme qu'il connaissait de vue : Anton Liss.
    Anton Liss était célèbre parmi les Mangemorts pour n'avoir jamais voulu en faire partie. Il avait des cheveux châtain clair et les orbites creuses, car il ne dormait presque jamais. Il dormait peu aussi, ce qui lui donnait une allure de cadavre vivant.
    Anton Liss était issu d'une famille de Sang Pur qui ne se mêlait pas de la politique. A l'âge de quatorze ans, quand il s'était fait renvoyer de la prestigieuse école de Magie de Poudlard, il n'était pas rentré chez lui. Il avait vagabondé plusieurs années à travers l'Europe, jusqu'à ce que le cœur charitable du Seigneur des Ténèbres le recueille et l'enrôle chez les Mangemorts. Il était choisi pour des missions simples, comme faire le guet devant le QG ou acheminer les cadavres dans une pièce sombre où ils pourrissaient en silence. Mais il ne supportait pas les idées des Mangemorts, ce qui causait un léger problème.
    « Bonjour, lança Weil. Tu es le Minus ?
    - Anton Liss, grommela celui-ci. Et vous, c'est Mr Baguette ?
    - Arrêtez avec ce surnom ridicule, fit Weil. Weil Marionnette, pour vous servir.
    Il tendit une main. Liss ne la saisit pas. Son regard était fuyant.
    - Tant pis pour toi », fit Weil avec un sourire.
    Ils mangèrent tous les deux en silence. Les pâtes de Weil n'avaient aucun goût, et sa tête était ailleurs. Il souriait du coin des lèvres en regardant les autres Mangemorts se battre à coups de Jambencoton et d'Endoloris. On ne faisait pas les choses à moitié, chez les Mangemorts. Souvent ces combats duraient des heures, et se terminaient violemment. C'étaient toujours les mêmes qui se battaient. Greyback, à coups griffes et de crocs, remportait tous ses duels. Ensuite il y avait Elwood, un Mangemort Asiatique qui était une véritable boule d'énergie, que personne n'avait encore battu. Bruno Tea, un sorcier belge quelque peu dérangé, avait tenu des jours entiers face à lui, avant de déclarer forfait, le corps entier hors service. Lorsqu'il était passé dans d'autres QG, Weil avait été saisi par le nombre d'étrangers que comptait l'ordre des Ténèbres. Certains venaient de la forêt Amazonienne ou de la Toundra Finlandaise.
    Weil était lui-même allemand. Il avait vaguement entendu parler de l'histoire de son pays, mais la vermine Moldue ne l'intéressait pas. Il avait depuis toujours cherché à faire de grandes choses pour la communauté des sorciers.
    La Magie est puissance.
    Le monde avait le droit de voir… Non. Les Moldus n'avaient aucune raison d'être. Et les sorciers de continuer à se cacher par leur faute. C'était là la vraie cause de la bataille du Seigneur des Ténèbres. Harry Potter, la plupart des Mangemorts s'en fichaient grandement. Ils prenaient leur Seigneur pour un malade mental, obsédé par un gamin de dix-sept ans.
    Dix-sept ans… La majorité, tout juste. La trace était effacée, désormais. Harry, Harry… Ce garçon intéressait Weil de loin. Etait-il la véritable cause de cette guerre ?


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