• Dernière Nuit des Potter

    Salut !smile

    Voici un petit texte que j'ai écrit pour le grand Prix fanfiction Harry Potter organisé par HPF, short edition et autres partenaires. (page du concours). La date limite pour rendre les œuvres est le 28 Juillet et il faudrait que je l'envoie le plus possible por récolter un maximum de votes !

    Je compte sur vous pour m'informer de tous les problèmes que peut contenir ce texte, car j'ai vraiment envie d'envoyer de la qualité. Si mon texte vous plait, s'il vous plaît votez pour moi ! *désespérée...*arf

    Bon, voilà le texte. Merci pour vos avis ! happy

    Godric’s Hollow, 31 Octobre 1981.

    Lily Potter regardait par la fenêtre de sa cuisine, juste au-dessus de l’évier, la petite rue qui descendait. Des enfants costumés sonnaient à la porte des voisins : l’un d’eux en fantôme, l’autre portait un chapeau pointu et une baguette en étoile. Juste en face, il y avait l’ancien cimetière, et un peu plus loin, l’église orthodoxe.

    L’air était froid. Glacial. La vitre était recouverte d’une fine couche de givre. Bien sûr, Lily savait ce que cela signifiait : les Détraqueurs rôdaient. Ils ne semblaient pas s’être attaqués aux Moldus, cependant. Ils recherchaient quelque chose de bien précis : la maison des Potter.

    Lily savait à quel point James tenait à cette maison. Elle était dans sa famille depuis des générations, elle avait hébergé Ignotus Peverell, Godric Gryffondor et même Dumbledore pendant un temps. Il y avait de quoi être fier, cette maison était un symbole de magie blanche. Pourtant… Trop d’énergie magique s’en dégageait, et Lily savait que, malgré le Secret, elle finirait par attirer l’attention de Voldemort… A un moment ou un autre.

    Elle regarda à nouveau la rue. Les enfants n’étaient plus là.

    James entra dans la cuisine, deux tasses de thé fumant dans un petit plateau à son bras.

    - Livraison express pour Madame ! s’exclama-t-il d’un ton enjoué, posant le plateau sur la table de la cuisine.

    - Ne fais pas ça, dit Lily.

    James parut surpris.

    - Quoi ?

    - Tu le sais. Te comporter comme si on ne risquait rien. Comme si tout allait bien.

    Une lueur changea dans le regard de James. Il était en colère, bien sûr ; mais Lily était sincère. Ca faisait trop longtemps qu’ils se cachaient, trop de jours que James prenait sa cape d’invisibilité pour chercher de quoi manger au village, trop de temps qu’ils vivaient sous la protection de l’Ordre, qu’ils parlaient à voix basse, qu’ils dormaient à peine.

    - Il faut qu’on s’en aille, dit Lily.

    James ouvrit la bouche, mais Lily poursuivit :

    - Cet endroit n’est pas sûr, James. Trouvons-nous une autre maison, ou un appartement dans une grande ville Moldue. On pourrait travailler en temps que Moldus, faire oublier notre identité…

    - Aurais-tu par hasard oublié que les Mangemorts s’attaquent aux Moldus ? rétorqua James avec un sourire amer.

    - Non, dit Lily. Plus maintenant. La seule chose qui intéresse Voldemort, aujourd’hui, c’est nous.

    - Nous sommes protégés, dit James un peu plus fort. Peter gardera notre secret.

    Lily détourna le regard. Ils en avaient déjà parlé : elle n’avait pas confiance en Peter. Il était faible, et si Voldemort venait à le torturer…

    - Peter n’est pas sûr, dit Lily d’une voix posée. Nous n’aurions simplement pas dû prendre de Gardien du Secret.

    - Et pourquoi donc ? s’énerva James. Pour que Voldemort nous trouve ? J’ai confiance en Peter. Il est mon ami, et je lui confierai ma vie s’il le fallait.

    Lily grimaça. Pauvre James, songea-t-elle. Notre vie est déjà entre les mains de ton ami.

    Elle avait pensé que c’était une bonne idée, au départ. Il ne fallait pas risquer de mettre en danger Sirius, qui était le parrain de Harry, ni Lupin qui, étant un loup-garou, avait déjà assez de problèmes. La seule personne de confiance restante était Peter Pettigrew, et Voldemort ne se tournerait pas directement vers lui… Oui, à priori, c’était une bonne idée.

    Lily frissonna – de froid ou de peur, elle n’en était pas certaine. 

    - Ecoute, dit-elle à James. J’ai confiance en Peter.

    Il parut se détendre.

    - Mais… poursuivit Lily, Peter est faible. Voldemort n’hésite pas à torturer d’innombrables innocents, et quand son tour viendra, Peter finira forcément par céder.  

    - Non, dit brusquement James.

    A ce moment, Lily se sentit plus faible que jamais. Elle but une gorgée de thé, pensant à Harry qui dormait paisiblement, là-haut. Elle pensa à l’Ordre, à ces hommes et ces femmes qui se battaient tous les jours contre les armées du Seigneur des Ténèbres. Elle aurait aimé agir, mais chaque chose qu’elle ferait mettrait en danger la vie de nombreuses personnes, à commencer par James et Harry. Désormais, elle ne pouvait plus que se cacher et attendre.

    Elle repensa au visage de Voldemort, visqueux et allongé comme celui d’un serpent, animé d’un rictus dément. Elle se rappelait les batailles qu’elle avait menées contre lui et comment elle avait échappé de justesse à la mort, laissée dans un état profond de fatigue et de faiblesse.

    Le Seigneur des Ténèbres était dangereux.

    Puissant et

    dangereux.

    Pour la première fois depuis une éternité, Lily ressentait la peur, une peur profonde, terrible, qui lui bloquait la respiration. Elle aurait voulu pleurer, mais elle résista.

    - Lily… dit James, voyant qu’elle était prête à flancher.

    Il se leva, la força à se lever elle aussi. Il la prit par la taille et regarda dans ses yeux.

    - Je t’aime, Lily, dit-il simplement.

    - Moi aussi, murmura Lily.

    Ils s’embrassèrent. C’était si doux, si chaud que Lily sentit des soleils miniatures éclater dans sa poitrine. Elle l’aimait, oh que oui. Il était son James, son héros, son amour, le seul qu’elle ait aimé depuis toujours.

    Le baiser se termina en douceur. James embrassa Lily sur les joues, sur le front.

    - Il faut qu’on tienne, dit-il. Pour Harry.

    - Pour Harry, répéta Lily en écho.

    Mais elle ne pensait pas qu’à lui. Elle pensait à tous les autres : Lupin, Sirius, Peter, Nimphadora Tonks, Maugrey Fol’Œil, Franck et Alice Londubat, ses parents Moldus, Pétunia. Et Severus Rogue, parce que Severus resterait pour toujours le meilleur ami de Lily. Même s’il s’était laissé aller à la jalousie et la rage au point de devenir un Mangemort, Lily gardait l’espoir secret qu’il réalise son erreur et revienne vers eux. Elle n’avait jamais été amoureuse de Severus, mais il avait eu trop d’importance pour elle dans son enfance et elle devait admettre qu’elle l’aimait encore, profondément.

    Pour Harry, et pour tous les autres.

    Pour Dumbledore. Pour l’Ordre du Phénix.

    Pour sa famille Moldue. Pour Severus.

    Pour James.

    - Retourne voir Harry, dit James.

    Lily hocha la tête. Il avait soudain l’air grave. Leurs défenses magiques leur signalaient un intrus en approche de leur maison.

    Un morceau de parchemin tomba tout à coup dans leur cheminée.

    Lily déplia le parchemin. Deux mots, onze lettres écrites d’une main qui tremblait légèrement.

    Ils arrivent.

    Lily essaya de ne pas paniquer. Elle se dirigea vers l’escalier tandis que James se postait à la porte d’entrée, baguette brandie.

    Elle monta l’escalier quatre à quatre, le cœur battant à toute allure. Harry, Harry, Harry, pensa-t-elle. Elle ouvrit brusquement la porte et entra à la volée. Harry était toujours là, dans son parc, sauf qu’il était à présent réveillé. Il braillait, et Lily s’étonna de ne pas l’avoir entendu plus tôt.

    Elle le prit dans ses bras. Il hurlait, il pleurait sans raison apparente. Mais bien sûr… Les Détraqueurs encerclaient la maison. C’était une réaction normale, de pleurer.

    Elle le berça doucement.

    - Harry, Harry, dit-elle. Tout va bien. Je suis là, tu me vois ? Je suis là.

    Harry la regarda et se calma un peu. Lily lui sourit, lui ébouriffa les cheveux.

    - Tout va bien, répéta-t-elle. Je suis là. Je vais rester avec toi.

    Elle le reposa dans son par cet s’assit près de lui, sur une petite chaise d’enfant. Harry paraissait perdu, il regardait les hiboux et les chouettes de son mobile tourner lentement au-dessus de sa tête. Lily tendit l’oreille, espérant ne pas entendre de cri ou de bruits de bataille, mais il ne se passait rien, pour l’instant. Elle se détendit.

    - Tout va bien, répéta-t-elle, cette fois-ci pour elle-même.

    Elle regarda Harry, qui la fixait de ses grands yeux verts. D’aucuns disaient qu’il avait ses yeux, et Lily était flattée. Harry avait de très jolis yeux, étincelants et vifs, un peu en amande. Pour le reste, il avait les épais cheveux de son père et un petit corps potelé qui ne ressemblait pas à grand-chose. Il faudrait voir en grandissant à qui il ressemblait le plus, de James ou d’elle. Mais peu importait de qui il tenait : il serait Harry, point. Il ne serait ni elle, ni James, mais lui-même.

    Quelque chose disait à Lily qu’elle ne verrait peut-être pas son fils grandir, qu’elle ou lui mourrait trop tôt. Cette pensée la terrifiait, elle essaya de l’enfouir sous des tonnes d’ondes positives. N’y pense pas, s’intima-t-elle. N’y pense pas.

    Il y eut soudain une déflagration, comme si quelqu’un avait fait sauter la porte d’entrée. Lily fut tentée de descendre prêter main forte à James, mais elle n’en fit rien. Elle devait veiller sur Harry. Le sang battait à ses tempes.

    - On t’aime, Harry, dit-elle alors.

    Etrangement, cette phrase l’apaisa. Elle s’en fichait pas mal qu’Harry comprenne ce qu’elle disait, elle voulait juste qu’un jour, si James et elle mourraient, il puisse se souvenir que ses parents l’aimaient.

    - On t’aime, répéta-t-elle. Papa t’aime. Maman t’aime. On sera avec toi jusqu’au bout.

    Elle ajouta dans sa tête : Quoi qu’il arrive, je serai toujours avec toi.

    Soudain, Lily entendit les cris. Il y avait plusieurs Mangemorts, mais aucun ne prit la peine de monter à l’étage. James défendait la maison, seul contre tout le groupe, et certainement il devait affronter le plus puissant d’entre eux : Lord Voldemort.

    Un éclair vert fluo fusa dans l’escalier, en provenance de l’entrée. Lily entendit James crier.

    C’était fini. Il était mort.

    Lily aurait voulu hurler, fracasser les murs, se venger. Elle aurait voulu inverser le temps, ressusciter James, croire qu’il avait survécu. Faire quelque chose, agir.

    Elle n’en eut pas le temps.

    Voldemort entra sans bruit par la porte ouverte. Il portait la cape et le masque de n’importe lequel de ses Mangemorts, mais dès qu’il vit Lily – qui se redressa d’un coup, brandissant sa baguette – il éclata de ce même rire fou et meurtrier que Lily avait déjà entendu plusieurs fois. Elle n’aurait pu le confondre.

    - Vous ne l’aurez pas ! hurla-t-elle.

    - Pauvre idiote, soupira Voldemort, et il lança l’Avada Kedavra sur Harry.

     

    Lily se sentit idiote, bien sûr. Elle se jeta devant Voldemort en espérant bloquer le sort –

    Mais une fois qu’elle serait morte, plus rien ne protègerait Harry et Voldemort pourrait alors le tuer à sa guise –

    Non, ça ne se passera pas comme ça, non, non, songea-t-elle –

    Je serai toujours avec toi

    Elle puisa dans toute la force qui lui restait en se disant qu’elle voulait exterminer cette vermine qui avait détruit sa vie et qui lui avait pris James, son James –

    Non, dit une voix dans sa tête – celle de Dumbledore, semblait-il – non, ce n’est pas comme ça que ça marche

    Alors elle abandonna tout espoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres. Elle pensa juste

    Harry, sauver Harry

    Plus fort, se dit-elle.

    C’était complètement fou. Mais elle le fit quand même.

    Elle pensa à tous ceux qu’elle aimait. Elle revit le sourire de Severus, quand ils parlaient et riaient tous les deux sous le grand saule. Elle revit James et ses rires, James qui lui avait toujours dit qu’elle était plus forte qu’elle ne le pensait, ce James qu’elle avait embrassé tout à l’heure. Elle pensa à ses professeurs à Poudlard, à ceux qui l’avaient poussée à se surpasser encore et toujours. Elle revit ses jeux d’enfant avec Pétunia, ces rires, ces après-midis ensoleillés de l’époque où il n’y avait pas cette barrière entre elle deux.

    Et puis elle vit Harry, et s’efforça de l’imaginer à sa place. Il grandirait. Il aurait, lui aussi, ces jeux d’enfant et ces après-midis ensoleillés. Lui aussi, il aurait des hommes, des femmes qui le pousseraient à devenir un grand sorcier. Il aurait des amis aussi fidèles que les Maroudeurs l’étaient pour James. Et il connaîtrait l’amour, un amour aussi puissant que celui qui la liait à James –

    Le sort percuta Lily sans qu’elle ait su s’en protéger. Elle sentit une vive douleur grimper dans sa poitrine, une douleur si extrême qu’elle tomba à genoux en hurlant. Elle savait qu’il ne servait à rien de lutter contre un sort de cette ampleur. Elle s’abandonna à la mort.

    Et alors il se passa quelque chose d’étrange. Toute l’énergie qu’elle avait rassemblée se matérialisa en un sort transparent qui percuta Voldemort de plein fouet.

     

    Lily mourut, s’effondra sur le sol sans aucune blessure visible. Les Moldus concluraient peut-être un arrêt cardiaque, ou quelque chose du genre.

     

    Voldemort tituba en arrière, sans comprendre ce qui lui arrivait. Son Avada Kedavra avait ricoché. Comment étais-ce possible ?

    Il se désintégra.

     

    En bas, le salon explosa et les Mangemorts qui restaient prirent la fuite en voutes de fumée noire, persuadés sûrement qu’Harry était mort et que le travail était terminé – ou alors, ils avaient senti la mort de leur puissant maître et n’avaient pas jugé utile de s’attarder.

     

    Harry, seul dans son parc, regarda un instant le corps inerte de sa mère, sans comprendre. Il ne saurait que des années plus tard qu’elle était morte à cet instant, donnant sa vie pour le sauver, pour qu’il vive –

    Parce qu’elle l’aimait.  


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