• Chapitre XI

     

    Cléo avait l’impression de traverser un cyclone. En fait, non, elle traversait un cyclone. La tempête n’avait aucun rapport avec celle qui faisait rage dans le jardin des Décathis. Il y avait tellement de vent que Cléo n’y voyait absolument rien ; et elle devait lutter pour ne pas partir en arrière. Mais ce vent n’était pas… gris comme lors d’une tempête véritable. Il était d’un blanc laiteux, irréel.

    Au moins, la porte s’était fermée en claquant. Aussi loin qu’elle arrivait à réfléchir, dans ces tourbillons blancs, Cléo se dit que les Décathis ne seraient pas là de si tôt. Elle arriva au cœur de la tempête, et, soudain, tout parut plus lent… Mais elle n’y voyait toujours rien et une rafale de vent la poussa si brusquement qu’on eût cru un humain. La lutte recommença.

    A un moment, Cléo eut les jambes et les bras en feu. Elle traversa un dernier rideau lumineux et ce qu’elle vit avant de s’écrouler la stupéfia.

    C’était un village médiéval, à la différence près de ceux qui l’habitaient. Gobelins, Pégases, Satyres, Hippogriffes ; et autres animaux mythologiques, qui paraissaient tout droit sortis de son mystérieux livre. Il y avait aussi des humains, mais ceux-ci s’affairaient aux travaux des champs, se battaient en duel, ou encore s’occupaient des animaux. Au-dessus des maisons – certaines étaient en chaume, d’autres en marbre blanc massif – se dressait un immense château fort (un peu plus loin s’étendaient deux grands temples à l’allure grecque qui semblaient n’avoir rien à faire ici).


    A son réveil, Cléo était étendue exactement au même endroit, et se sentait tout aussi épuisée. Deux gobelins s’enfuyaient en courant de son chevet, où ils avaient dû être quelques secondes auparavant. A grand-peine, Cléo se redressa. Elle remarque alors le liquide jaune translucide qui se trouvait dans un bol près d’elle. Oh, mon Dieu, qu’est-ce qu’elle avait faim ! A vrai dire, le thé des Décathis n’était pas vraiment rassasiant, surtout avec les efforts qu’elle venait de fournir à traverser le vent. Elle n’hésita pas et saisit le bol. Elle regarda derrière elle et, à sa grande surprise, ni le vent, ni la porte n’y étaient. Il y avait seulement une immense chaine de montagnes que Cléo n’avait jamais vue en Angleterre.

    Cléo but le liquide d’une traite. Dès qu’elle l’eut fini, elle fut prise d’un tel mal de tête qu’elle poussa un cri et s'écroula de nouveau. Elle avait l’impression qu’on lui avait fendu la tête en deux. Et la douleur se répandit dans tout son corps. Tous ses membres étaient brûlants ; elle se secouait violemment… Elle poussa une faible plainte puis perdit connaissance.

     


    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    1
    didi-cat Profil de didi-cat
    Dimanche 2 Décembre 2012 à 14:18

    Alors, je suis un peu en retard dans ma lecture, donc je lis tout d'un coup. Super, pour l'instant. Je continue!

    2
    Dimanche 2 Décembre 2012 à 17:26

    Merci beaucoup ! (Tu me fais penser qu'il faut que je regarde ton 11e chapitre)

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :


t>