• Chapitre 7 : Le banquet de Poudlard

    Lorsqu'ils descendirent du train, une épaisse fumée noire masquait la moitié du quai, l'autre moitié étant plongée dans la pénombre car il faisait nuit. Un homme gigantesque, beaucoup trop grand pour qu'Ilåna puisse voir son visage sous sa barbe hirsute, agitait une lanterne en clamant « Les première année, par ici ! »

    Ilåna suivit, hésitante, la masse grouillante et informe qui se dirigeait vers lui, et elle perdit Mylon de vue. A-côté d'elle marchaient une fille ronde aux épais cheveux roux et une autre, mince, aux cheveux noirs coupés un peu de traviole. Elles portaient, comme Ilåna - et la plupart des autres élèves - l'uniforme noir de Poudlard. 

    Le géant les conduisit à la lisière d'une forêt noire, devant un lac aux eaux sombres. Devant eux étaient alignées une trentaine de barques qui semblaient trop petites, et sans rames.
    Ilåna monta avec la fille rousse et son amie, ainsi qu'un garçon blond qui avait les cheveux en bataille. Elle se demanda lesquels d'entre eux seraient dans la même maison qu'elle, et si elle se ferait des amis. La barque avançait toute seule, se rendit-elle compte avec effroi. Elle ne laissait même pas de sillon sur les eaux tortueuses.
    Et puis Ilåna vit le château.

    C'était fou, mais il était comme elle se l'était imaginé. Grand, majestueux, hérissé de tours illuminées. Il semblait surgir de la roche qui s'élevait autour du lac. Ilåna pensa aux écoles austères qu'elle avait fréquentées jusqu'ici et se demanda si ce n'était pas juste une illusion, un hologramme géant qui faisait un peu rêver les élèves avant qu'ils n'aperçoivent la vérité. Non, c'était certain... Elle n'aurait pas pu rêver mieux.

    Ils accostèrent dans une sorte de hangar où ils amarrèrent les barques, puis grimpèrent un escalier raide et interminable. Lorsqu'ils furent arrivés en haut, enfin, ils se retrouvèrent devant... Un escalier.
    Un gigantesque escalier de marbre, majestueux, derrière lequel trônait une grande porte à deux battants. Une femme se tenait devant la porte. Elle scanda :

    « Bienvenue à Poudlard, nouveaux élèves !

    Elle était assez âgée, elle portait un chapeau tordu hérissé d'une plume de faisan, et ses cheveux étaient argentés. Elle leur fit signe de monter la rejoindre. 

    - Bonjour, je suis le Pr Mc Gonnagall, dit-elle. Vous allez pénétrer dans la Grande Salle, où un banquet a été dressé pour le début de l'année. Mais avant que le banquet commence, vous allez être répartis à travers vos différentes maisons. Il y en a quatre : Gryffondor, Serdaigle, Poufsouffle et Serpentard. Votre maison sera comme une seconde famille tout au long de votre scolarité ; vous pourrez lui faire gagner des points par vos succès et lui en faire perdre par vos échecs. Des points sont aussi enlevés pour des problèmes de comportement. Chaque année, la Coupe des Quatre Maisons récompense la maison qui a eu le plus de succès au cous de l'année, Quiddich compris. Mettez-vous en ligne et suivez-moi.

    La Grande Salle portait plutôt mal son nom, songea Ilåna. Ils auraient dû l'appeler l'Immense Salle ou la Gargantuesque Salle. Le plafond semblait infini et se perdait dans un ciel dépourvu d'étoiles. Quatre longues tables étaient étendues, autour desquelles la plupart des élèves étaient déjà installés. A l'autre bout se tenait la table des professeurs, devant laquelle étaient posés un tabouret et un vieux chapeau gris. 

    Tout à coup, le chapeau s'anima. Une déchirure sur le côté s'ouvrit, formant une sorte de bouche, d'où s'éleva... Une chanson. 

    La chanson était prononcée sur un ton à la fois joyeux et monocorde. Elle parlait des différentes qualités qui vous envoyaient dans les maisons :
    Gryffondor : Brave, courageux, puissant ;
    Serdaigle : Curieux, érudit, intelligent ;
    Poufsouffle : Travailleur, loyal, fidèle ;
    Serpentard : Déterminé, malicieux, rusé. 

    Lorsque le chapeau s'arrêta de chanter, le Pr Mc Gonnagall monta sur l'estrade. 

    - Quand j'appellerai votre nom, vous vous assoirez sur le tabouret et poserez le Choixpeau sur votre tête.

    Alors voilà le Choixpeau, se dit Ilåna, en se trouvant bête de ne pas l'avoir compris plus tôt. 

    - Arras, Camille ! appela le Pr Mc Gonnagall, qui avait déroulé un parchemin.

    La fille rousse qui avait marché dans le noir à côté d'Ilåna s'avança entre les rangs. Elle grimpa sur l'estrade et Mc Gonnagall posa le Choixpeau sur sa tête. 

    - Poufsouffle ! Hurla celui-ci après quelques instants de réflexion.

    Ilåna regarda Camille Arras se lever et se diriger vers la table à sa droite, où les élèves l'acclamaient. 

    - Castor, Lucas ! appela ensuite Mc Gonnagall.

    Un garçon blond, pas très grand, se détacha de la foule. Le Choixpeau hurla : 

    - Serpentard !

    Un tonnerre d'applaudissements fusa de la dernière table sur la gauche. Lucas Castor rejoignit la table des Serpentard en souriant. 

    - Dunst, Fiona !

    L'amie de Camille Arras, celle qui avait d'épais cheveux noirs, rejoignit l'estrade. Sans hésiter, le Choixpeau cria :

    - Gryffondor !

    La table tout à droite s'enflamma. Fiona, émue, les rejoignit. 

    Les noms défilèrent, défilèrent. Ilåna comptait les gens qu'on envoyait à Poufsouffle, tout en priant pour que son tour arrive plus vite : S. S. S. S. 

    - Stayne, Ilåna ! appela Mc Gonnagall, après un temps qui lui parut infini.

    Ilåna avança à travers la file. Son cœur battait à toute allure et ses mains étaient moites. Elle parvint non sans mal jusqu'au tabouret, et Mc Gonnagall posa le Choixpeau sur sa tête. 

    - OH ! fit le Choixpeau.

    Ilåna regarda les élèves qui restaient, encore nombreux. Certains la regardaient, mais la plupart piétinaient en attendant leur tour. Elle se demanda s'ils entendaient le Choixpeau, qui semblait parler dans sa tête. 

    - Tu es... Ilåna Stayne ? fit le Choixpeau d'un air étonné.

    - Oui, dit Ilåna. C'est moi. Pourquoi ?

    - Rien, dit précipitamment le Choixpeau. C'est juste que... Sais-tu ce que signifie ton prénom ?

    - Il signifie ce qu'il signifie, rétorqua Ilåna, agacée. Envoyez-moi à Poufsouffle, qu'on en finisse.

    - A Poufsouffle ? (Le Choixpeau parut surpris) Non, surtout pas, non... Il vaut mieux... Gryffondor !

    - Q-Quoi ? s'étrangla Ilåna, mais Mc Gonnagall enlevait le chapeau de sa tête.

    Elle se dirigea vers la table des Gryffondor, qui l'acclamait haut et fort. La maison des braves, des puissants venait de l'accueillir, elle. « Votre baguette est puissante, avait dit M. Ollivander. Ou est-ce vous qui l'êtes ? »

    Mylon passait juste après elle. 

    - Trainor, Mylon ! appela Mc Gonnagall.

    Mylon se leva et se dirigea vers l'estrade. Un instant, le Choixpeau parut hésiter à l'envoyer à Serpentard, puis il se décida pour Gryffondor. 

    Ilåna applaudit avec les autres et Mylon vint s'asseoir à-côté d'elle. Il paraissait ému, fatigué et - soulagé ? 

    - Salut, fit Ilåna.

    - Salut, répondit Mylon. (Il regarda autour de lui, comme pour s'assurer qu'on ne l'espionnait pas.) Je suis tellement... heureux, d'être ici...

    - A Gryffondor ?

    Mylon hocha la tête. 

    Au fond, Mc Gonnagall achevait de lister les élèves. Le garçon blond qui avait pris la barque avec Ilåna - Waterloo, Antoine - fut envoyé à Poufsouffle. Puis ce fut le tour de Rafaël Zapata (Serdaigle), d'Anthony Zegre (Serpentard) et de Mireille Zircon (Serdaigle), qui fut la dernière à être appelée. Alors le Pr Dumbledore, qui était directeur de l'école, monta sur un pupitre où un hibou ouvrait les ailes afin de réciter un petit discours de bienvenue. C'était un vieil homme dont les rides trahissaient la sagesse et l'expérience. Il avait une longue barbe argentée, des cheveux grisonnants et portait des lunettes en demi-lune. Comme directeur, ne put s'empêcher de penser Ilåna, in en imposait.
    Le directeur parla d'une forêt interdite, de professeurs et de produits illicites, mais Ilåna ne l'écoutait pas vraiment. Elle avait les yeux rivés sur les plats qui apparaissaient au fur et à mesure dans les assiettes, tout en hésitant à se servir. 

    - LE BANQUET EST OUVERT ! hurla le Pr Dumbledore.

    Alors, les assiettes dorées achevèrent de se remplir et tout le monde se jeta sur le copieux banquet. Ilåna se servit le plus possible, car les quantités diminuaient très vite. 

    Fiona Dunst vint s'asseoir à-côté d'eux. 

    - Bonjour ! lança-t-elle d'une voix enthousiaste. Je m'appelle Fiona. Et vous ?

    - Ilåna, dit Ilåna, mais Fiona ne l'écoutait pas.

    - Tu es le frère d'Alby Trainor, c'est ça ? lança-t-elle à Mylon. Ma sœur m'a parlé de lui. Comment ça se fait que tu sois pas à Serpentard ?

    - Bah, le Choixpeau m'a dit que...

    - Le Choixpeau a fait une erreur, coupa Fiona. Parce que chez les Serpentard, c'est toute la famille ou personne, n'est-ce pas ?

    Elle se tourna vers Ilåna et ajouta :

    - Je t'ai vue avec Alby, dans le train. Ne leur fais pas confiance, ces Serpentard de malheur sont tous des partisans de Tu-Sais-Qui.

    - Heu... Qui ça ?

    - Serpentard est une maison honorable ! protesta Mylon. Et tous les Serpentard ne sont pas des partisans de Vous-Savez-Qui...

    - Bien sûr que si, fit Fiona d'un air blasé. Tes parents vont voir que tu es à Gryffondor et ils vont user de leur influence maléfique pour t'envoyer à Serpentard, et on sera débarrassés de toi.
    Mylon paraissait au bord des larmes. 

    - C'est faux, bredouilla-t-il. Mes parents ne sont pas des... des...

    Il s'interrompit. 

    - Je n'ai jamais compris les idées de mes parents, comme quoi les Sang-Pur seraient supérieurs aux autres sorciers...

    - Ah, là-dessus, on est d'accord, fit Fiona d'un ton satisfait. Tes parents disent n'importe quoi, comme tous les autres partisans de Vous-Savez-Qui.

    Mylon lui lança un regard assassin, et Ilåna le comprenait. Sous aucun prétexte, elle n'aurait accepté qu'on raille ou qu'on se moque de son père. 

    - Et toi, tu es quoi ? demanda-t-il, mais c'était plutôt un reniflement. 

    - Sang-Pur, soupira Fiona comme si c'était un fléau. Par les dieux, j'ai l'impression d'être un cheval. Et toi ? ajouta-t-elle à l'intention d'Ilåna.

    C'était la première fois qu'elle lui adressait la parole depuis le début de la conversation. 

    - Heu... Je crois que je suis... Une sang-mêlé, bredouilla-t-elle.

    Fiona fronça les sourcils. 

    - Tu crois, seulement ?

    - Bah, mon père est un Moldu et je ne connais pas ma mère, donc...

    - Oh, mais ça n'a rien à voir, coupa Fiona d'un ton détaché. Tu peux très bien être une née Moldue et avoir de très grands pouvoirs, contrairement à ce que croient certains.

    Elle désigna les Serpentard d'un mouvement de la tête. 

    Le reste de la soirée se déroula ainsi. Ilåna ne comprenait pas la moitié de ce que Mylon et Fiona racontaient, alors elle se désintéressa de leur conversation et finit tranquillement son repas. 

    Au bout d'un moment, Dumbledore décida que c'était l'heure du couvre-feu, et les préfets guidèrent les nouveaux élèves jusqu'à leurs « dortoirs ». La tour de Gryffondor s'atteignait par une série d'escaliers interminables qui bougeaient dans tous les sens. La salle commune avait l'air chaleureuse, avec ses petits fauteuils ronds, sa grande cheminée et sa tapisserie rouge et or ; mais à vrai dire, Ilåna n'y prêta pas grande attention, car elle était épuisée. 

    Elle se lova dans un lit à baldaquin, à-côté duquel on avait posé sa grands valise, et s'endormit très vite, des milliers d'images dans la tête.

     


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