• Chapitre 6 : Hogwarts Express

    Les deux garçons l'avaient attendue de l'autre côté. Ils grimpèrent dans le train, au milieu d'une foule d'autres élèves et futurs élèves qui emplissait les wagons. Ils finirent par trouver une cabine vide. Ilåna regarda les autres qui se pressaient et se bousculaient dans les couloirs.
    Quelques minutes plus tard, le train démarrait ; lentement, puis de plus en plus vite.


    - Au fait, moi, c'est Alby, dit le garçon le plus âgé, avec un superbe sourire. Et lui, c'est Mylon, mon crétin de frère.


    Le plus jeune – celui qui avait l'âge d'Ilåna – lança un regard noir à son frère, mais il ne dit rien.


    - Et toi ? demanda Alby.


    Ça y est, songea Ilåna. Ils avaient quitté la gare. Par les fenêtres du train défilait un paysage de campagne, de champs et de vaches.


    - Ilåna, répondit-elle distraitement.
    - Ilåna ? répéta Alby en fronçant les sourcils. C'est étrange, comme prénom.
    - Oh, mais vous pouvez m'appeler Ana, s'empressa-t-elle d'ajouter.


    Alby sourit.


    - Entendu.


    De longues minutes s'écoulèrent, bizarrement silencieuses.


    - Tu penses aller à quelle maison ? demanda finalement Alby.
    - Pardon ?


    Ilåna fronça les sourcils. Comment ça, « Tu penses aller à quelle maison » ?


    Alby la scruta des pieds à la tête.


    - Poufsouffle, décida-t-il au bout d'un moment.


    Mylon leva les yeux au ciel, mais son frère avait toujours ce sourire déstabilisant.


    - Ouais, ajouta-t-il. Je suis sûr que tu vas aller à Poufsouffle.
    - Excusez-moi (Ilåna était gênée), mais qu'est-ce que c'est… Poufsouffle ?
    - Une maison de Poudlard, expliqua Mylon, l'air las. Il y en a quatre : Gryffondor, Serpentard, Serdaigle et Poufsouffle. Poufsouffle, en gros, c'est pour les minables.
    - Mais non ! protesta son frère. C'est la maison des gens travailleurs, fidèles… (Il je ta un regard en biais à Ilåna) en général timides et effacés.
    - Ah, fit Ilåna.
    - C'est le Choixpeau qui choisit ta maison, précisa Mylon. En fonction de qui tu es.
    - Ah, répéta Ilåna.


    Elle avait été comme ça, à un moment. Effacée. Invisible. Mais ça, c'était avant que Kevin et sa bande ne s'amusent à la faire tomber dans les couloirs, à la traiter de grosse et d'illettrée, tout en faisant en sorte que tout le monde ricane sur son passage.


    Timides et effacés, répéta-t-elle dans sa tête. Si le Choixpeau – elle ne savait pas ce qu'était un Choixpeau, mais elle le découvrirait bien assez tôt – décidait de l'envoyer à Poufsouffle, elle aurait certainement sa place là-bas.


    - Et toi, tu es à quelle maison ? demanda-t-elle à Alby.
    - Serpentard, répondit-il d'un air fier.


    Ilåna remarqua que Mylon évitait son regard.


    - Et… c'est bien ? demanda-t-elle.


    Alby haussa les épaules.


    - Bah, y a des crétins qui se tapent l'affiche et souillent l'orgueil de notre maison, mais globalement, c'est bien. (Il se pencha tous près d'elle, la fixa de ses grands yeux clairs.) Si le Choixpeau m'a placé là-bas, c'est que je suis capable de faire de grands choses, et ça, j'en suis certain. Je n’ai pas l’intention de passer ma vie à…


    Il dut interrompre sa phrase, car la porte de leur cabine s’ouvrit en coulissant. Une fille de l’âge d’Alby entra, faisant voler une importante masse de cheveux noirs. Elle se colla à Alby en lui faisant les yeux doux.


    - Alby, on te cherche depuis tout à l’heure, plaida-t-elle. C’est triste sans toi. Qu’est-ce que tu fous avec eux ?


    Alby étouffa un éclat de rire.


    - Excusez-moi, les gars, dit-il. Je dois y aller.


    Sans un regard pour eux, il se leva et partit avec la fille.


    Ilåna se retrouva seule avec Mylon, qui évitait son regard. Elle essaya de regarder le paysage, mais c’était profondément inintéressant et elle finit par s’endormir.


    Elle rêva.


    Elle se trouvait dans la même jungle que dans le rêve où elle avait vu Åna, la première fois, mais dans une partie différente. Les arbres étaient plus hauts et plus espacés, et étrangement, les oiseaux piaillaient, les singes criaient moins fort. Ce silence était pesant.


    Ilåna avança d’un pas, avant de s’apercevoir qu’elle était devant une crevasse ? Elle s’arrêta brusquement. Au-dessus de la crevasse, entre les arbres, était tendue une gigantesque toile d’araignée –


    Et au milieu, une araignée géante était repliée sur ses pattes. Endormie, sûrement.
    Ilåna retint son souffle. Soudain, une voix s’éleva entre les arbres.


    Approche, petite sang-mêlé, disait la voix qui semblait surgir de tous les côtés, et dans laquelle on pouvait déceler une note féminine. Ma toile est prête, elle n’attend plus que toi.


    Ilåna se réveilla en sursaut.


    - Mylon ?


    Le garçon leva les yeux.


    - Hum ?
    - C’est quoi, un… sang-mêlé ?
    - C’est un demi-sorcier. Un sorcier dont le père est sorcier et la mère Moldue, ou l’inverse. Pourquoi ?
    - Je ne connais pas ma mère, je ne sais même pas son nom. Mon père est un Moldu. Tu crois que…
    - Ta mère est une sorcière ? C’est probable, même hautement probable.
    - D’accord (le cœur d’Ilåna battait à toute allure). D’accord.


    Pourtant, elle avait l’impression que, dans son rêve, « sang-mêlé » signifiait totalement autre chose.


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